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#BlackLivesMatter et l’importance du féminisme intersectionnel

Dernière mise à jour : 22 juin 2020

- Par Saoudia Ganiou -


Le meurtre de George Floyd est un événement qui a touché le monde entier, littéralement. C’était la goutte qui a fait déborder le vase. Aux États-Unis et dans plusieurs autres pays dans le monde (Canada, France et même Japon) des milliers de personnes se mettent à manifester contre la brutalité policière et le racisme que vivent les personnes de minorités visibles. 


Les deux dernières semaines ont amené plusieurs questions au Québec et au Canada. Sommes-nous racistes? C’est quoi le racisme systémique? Que pouvons-nous faire pour aider? 


Il est tout d’abord important de savoir que oui, il y a du racisme au Québec et au Canada. Cela ne veut pas dire que tous les québécois et canadiens sont racistes, mais bien que nous vivons dans un système qui défavorise les personnes de minorités visibles. Selon la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la discrimination systémique est «une forme de discrimination causée par un ensemble de faits tels que des politiques institutionnelles, des processus décisionnels, des comportements et des attitudes qui, souvent inconscients et anodins en apparence, produisent des effets d’exclusion». Lorsqu’un groupe de personnes racisées est victime d’une discrimination systémique, on parle alors de racisme systémique. Selon une étude de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse effectuée en 2012, à Montréal une personne ayant le nom de famille Tremblay a 60% plus de chance d’avoir une entrevue pour un emploi qu’un personne ayant le nom de famille Traoré, et ce à compétences égales. 


En tant que féministes, il est de notre devoir de s’informer sur les différentes formes de racisme qu’il existe et savoir comment nous pouvons aider à la cause. C’est là que vient en jeu l’intersectionnalité. La notion d’intersectionnalité a été développé en 1991 par la féministe américaine Kimberlé Crenshaw. Le féminisme intersectionnel intègre plusieurs différents types de femmes. Par exemple, des femmes de différentes ethnies, de différentes tailles, ou encore de différentes sexualités. En tant que féministes intersectionnelles, nous devons lutter contre le racisme que vivent les femmes noires ou les femmes de d’autres minorités visibles. 


Afin d’aider, il est important que les personnes blanches soient conscientes du privilège que leur couleur de peau leur donne. Elles peuvent l’utiliser en défendant des personnes victimes de racismes lorsqu’elles en sont témoins (par exemple, lors de micro-aggressions). Il faut également venir en aide aux personnes de minorités visibles en soutenant leurs entreprises. Par exemple, en achetant dans des magasins où les propriétaires sont des gens de minorités visibles, ou en allant manger dans un de leurs restaurants ou encore en achetant leurs oeuvres d’art (livre, peinture, etc.). Il existe mille-et-une façon de soutenir les personnes de minorités visibles et il est grand temps de commencer à les aider et à contrer le racisme. Le mouvement #BlackLivesMatter n’est pas une tendance, il s’agit d’un long combat nécessitant l’aide de tous et de toutes.